Digital Humanities 2012 Hamburg – Poster session (18/07/12)

Pour se faire une idée de la diversité des projets représentés à la conférence Digital Humanities 2012, rien de tel qu’une plongée dans la Poster Session, où, pendant une heure et demie, une cinquantaine de projets étaient présentés par leurs équipes dans le hall de la faculté de Sciences Humaines de l’université de Hamburg.
Cette session était inclue en session plénière dans le programme, et la plupart des participants étaient présents, contribuant à l’animation du moment. Bravo aux organisateurs, qui ont trouvé la bonne formule pour une Poster Session réussie. Les projets sont présentés dans leur ordre de rencontre.

Sous le titre de „Digital Knowledge Store“ se cache la réponse de l‘Académie des sciences de Berlin-Brandebourg au problème central de toutes les institutions de recherche qui produisent des contenus numériques: Comment rendre visible, et donc utiles, ces informations ? Les universités ont depuis une dizaine d’année ouvert des serveurs institutionnels, sur lesquels l’information est stockée, mais ceux-ci restent trop isolés et peu conviviaux. La tentation serait bien sûr de regrouper tous les contenus d’une université sur un seul serveur, mais chaque équipe de recherche, chaque chercheur veut garder la main sur ses données. En France, une solution a été développée par un projet comme Isidore, un portail de recherche des sciences humaines et sociales, qui agrège les métadonnées de très nombreuses sources, tout en laissant les données là où elle sont. Principe identique avec le Knowledge Portal de l’EFPZ (qui est down au moment où j’écris, fait bien assez rare pour qu’on le signale), qui permet de faire une recherche fédérée dans plusieurs catalogues dans une interface conviviale. Mais attendez… Knowledge Portal … Digital Knowledge Store … est-ce que l’Académie de Berlin se serait inspirée de l’ETHZ ? Peu importe, car le projet berlinois veut aller plus loin que ses prédécesseurs, en proposant une interface de recherche sémantique capable de faire des recommandations intelligentes en fonction de l’historique de recherche.
Ce qui est intéressant dans ce type de projets, c’est la somme d’information et de métadonnées disparates qui doivent être harmonisées, retravaillées et catégorisées pour fournir un service de recherche efficace. Pas de la tarte…

Dans le même style de projet, mais en plus spécifique et en plus précis, il y a le travail de The European Library (TEL), qui agrège les notices bibliographiques des bibliothèques nationales européennes, et les reverse ensuite dans Europeana. Le travail de Nuno Freire consiste, en résumé, à garantir qu’il n’y ait pas de doublons parmi les noms d’auteurs des 75 millions de notices bibliographiques en une dizaine de langues que contient TEL. Ben voyons. Dans sa tâche il peut compter sur l’aide de VIAFF, un répertoire multi-lingue des noms de personnes, et sur les fichiers d’autorités qu’établissent les bibliothèques nationales.

M. Geoffrey Rockwell est une personnalité importante de la communauté des Digital Humanities. Il est notamment l’auteur des Voyant Tools, une série d’outils en ligne d’analyse et de visualisation de textes. Mais le projet qu’il présente ici est un autre, et concerne l’annotation des textes, plus précisément les langages de balisages, et plus précisément encore le langage XML, qui sert de base à la Text Encoding Initiative, très largement utilisée dans la communauté DH. L’outil présenté est un éditeur XML en ligne. Baliser un texte, c’est tout simplement annoter ses différents éléments au moyens de balises informatiques, pour permettre à la machine de les retrouver. Par exemple on annote avec une balise tous les chapitres d’un livre, et on pourra ensuite demander à l’ordinateur de nous sortir automatiquement la liste des chapitres. Évidemment les professionnels de la TEI, eux, annotent tout: noms de lieux, personnes, style, morphologie, syntaxe, structure du texte, mise en page, etc. Ils peuvent donc demander à leurs ordinateurs des choses plus compliquées, du genre „Quel sont les adjectifs les plus utilisés pour qualifier tel personnage ?“ ou „Combien de mots a-t-il en moyenne entre chaque adverbe de coordination ?“

Comme on sait, le Japon a perdu la deuxième guerre mondiale, assommé par deux bombes atomiques américaines. Mais la bombe H n’a pas été la seule arme de masse employée par les Américains contre les Japonais. Une campagne de propagande culturelle aurait aussi été mise en place aux USA pour stigmatiser l’ennemi japonais. C’est ce que voudrait prouver Yu Fujimoto de l’université de Doshisha en analysant le traitement du Japon dans la collection complète du National Geographic Magazine de 1888 à 2009. Au moyen de techniques de text mining et d’analyses de données, le projet Historical Events vs Information Content veut retracer le regard du magazine d’aventure grand public sur le Japon. N’ayant pas encore reçu l’autorisation d’étudier le contenus des articles, le projet se concentre pour le moment sur les images.

Les outils d’édition automatique de médias audiovisuels se développent rapidement. Malheureusement, le tant souhaité programme de transcription automatique d’enregistrements audio n’existe pas encore sous une forme satisfaisante. Cependant, de nombreux outils permettent de se faciliter la tâche, quand est venu le moment de traiter le matériel audiovisuel recueilli sur un terrain d’enquête. Le projet AV Processing in eHumanities du Max Plank Institut for Psycholinguistics sait faire deux choses: distinguer automatiquement les voix des différents intervenants sur un enregistrement audio, et reconnaître les mouvements de bras et de tête dans les images en mouvement.

Dieser Beitrag wurde unter Digital Humanities, Rezensionen / Tagungsberichte, Uncategorized, Veranstaltungen veröffentlicht. Setze ein Lesezeichen auf den Permalink.

2 Kommentare zu Digital Humanities 2012 Hamburg – Poster session (18/07/12)

  1. Christiane Sibille sagt:

    Hier noch ein kleiner Artikel über die TeilnehmerInnen und ihre Poster vom Cluster „Asia and Europe in a Global Context“ der Universität Heidelberg:
    http://www.asia-europe.uni-heidelberg.de/en/news-events/news/detail/m/heidelberg-research-architecture-at-digital-humanities-conference.html

  2. Pingback: DCW Volume 1 Issue 10 – Conference Roundup: DH & SHEAR

Schreibe einen Kommentar

Deine E-Mail-Adresse wird nicht veröffentlicht. Erforderliche Felder sind mit * markiert.