Call for papers: Le temps long des réseaux sociaux numériques

Appel à contributions

Dossier pour Le Temps des Médias. Revue historique (numéro 31, parution en 2018)

Le temps long des réseaux sociaux numériques
Coordonné par
Frédéric Clavert, Martin Grandjean et Cécile Méadel

Le 15 janvier 2009, un avion de l’US Airways amerrit en urgence au large de New York. Parmi les passagers et l’équipe de bord, tous sains et saufs, plusieurs ont, encore depuis les bateaux de secours, publié leurs photographies sur Twitter ou Flickr. Ainsi, les membres de ces plateformes «sociales» en ligne ont-ils pu être informés de l’événement avant que presse et télévision ne puissent le relater.

Dans ce cas symbolique, les réseaux sociaux numériques ont favorisé la diffusion d’informations. Leur orientation de plus en plus affirmée vers la circulation de l’information transforme ces réseaux en médias, avec des moyens et une infrastructure techniques (Internet, le web et les réseaux sociaux numériques eux-mêmes) qui permettent à leurs membres de participer non seulement à la diffusion mais également à la création et à la mise en forme de ces informations.

Les aspects massifs des réseaux sociaux numériques en ligne – Facebook compte 1,5 milliard d’«utilisateurs» – d’une part et la rapidité de circulation de l’information que Dominique Boullier a décrit comme des «vibrations» intenses et brèves d’autre part poussent des utilisateurs et observateurs de ces plateformes à verser dans le vocabulaire révolutionnaire, coutumier des entreprises de nouvelles technologies. Si la (relative) nouveauté des technologies utilisées par les réseaux sociaux numériques est bien documentée, celle, souvent implicitement considérée comme évidente, des pratiques des utilisateurs/acteurs – réseaux, collectifs ou communautés – de ces services dans les modes d’émergence et de circulation de l’information l’est moins.

Ce dossier du Temps des médias souhaite mettre au centre de sa démarche une série de questionnements touchant à l’interaction entre (nouvelles) technologies, rythmes ou formats de l’information et (nouveaux) acteurs. Comment et sous quelles conditions l’émergence de nouvelles technologies ou la transformation de technologies existantes agissent-elles sur les rythmes de l’information et font-elles apparaître de nouveaux acteurs? Pour répondre à ces questions, et si le cas des réseaux sociaux numériques est considéré comme emblématique de nouveaux modèles de production et de circulation des informations, ce dossier s’appuiera sur une démarche qui accordera une attention particulière aux approches diachroniques en interrogeant d’autres médias, d’autres technologies, d’autres réseaux, d’autres communautés d’hier et aujourd’hui. À titre d’exemple, nous pouvons évoquer le rôle de l’invention et, surtout, du perfectionnement de l’imprimerie conjugué au rôle de membres du clergé dans la diffusion des 95 thèses de Martin Luther qui, d’après Elizabeth Eisenstein, a pu atteindre 300 000 personnes en trois ans.

Cette approche diachronique nous permettra de réintroduire le temps long dans l’étude des réseaux sociaux numériques, sans nécessairement négliger des temporalités plus courtes.

Il s’agira donc d’analyser des moments de transformation et/ou d’accélération de la circulation de l’information, avec production massive ou significative (relativement à la configuration technologique et culturelle d’une époque) de nouvelles, à des moments où les destinataires de l’information collaborent ou participent à son élaboration ou à sa circulation, à des moments où ces mutations exercent un rôle plus ou moins déterminant dans les modes de fonctionnement des médias. Dans quelle mesure l’émergence d’une technique a-t-elle déjà favorisé la mise en place de médias dits sociaux ? L’histoire d’Internet et surtout celle du web devront également être pris en compte, tout comme la place et le rôle de Facebook ou Twitter. Les années 2000 – l’éclatement de la bulle spéculative des « dotcom » suivie de l’émergence de la notion de web 2.0 – sont empreintes d’une narration de la rupture lorsque l’on parle, notamment, du web. Cette rupture-là devra aussi être discutée, non nécessairement pour la mettre en cause, mais aussi pour, comparée au temps long, en faire émerger les principales caractéristiques.

Modalités pratiques

Les propositions devront être adressées à frederic.clavert@unil.ch avant le 15 juin 2017 (titre, mots-clés, résumé en 3 000 signes maximum, affiliation) ; les réponses seront adressées aux auteurs au plus tard dans la première quinzaine de juillet. Les articles (35 000 signes) devront être remis le 31 octobre 2017 pour expertise et relecture. La publication est prévue pour le mois de juin 2018.

Coordinateurs du numéro

Frédéric Clavert, frederic.clavert@unil.ch
Martin Grandjean, martin.grandjean@unil.ch
Cécile Méadel, cecile.meadel@u-paris2.fr

Call for paper: Geschichte (auf)zeigen. Visualisierung von Daten zwischen Theorie und Praxis

Die Visualisierung von Daten in den Geisteswissenschaften erlebt in den letzten Jahren eine Renaissance. Neben « klassischen » statistischen Darstellungen erfreuen sich zunehmend neue Visualisierungsformen grosser Beliebtheit, seien es Netzwerkvisualisierungen, Kartographie, Lexikometrie (z.B. Google Ngrams), oder multi-mediale Graphen, um nur einige zu nennen. Verschiedene Faktoren haben diese Entwicklungen beschleunigt. Durch allgemein bessere Rechnerleistung und immer einfacher zu bedienende Software haben heute fast alle Forschenden die Möglichkeit komplexe quantitative Methoden und Visualisierungstools einzusetzen. Darüber hinaus wächst die Zahl offen zugänglicher Daten und digitalisierter Materialien, die mit automatisierten Methoden abgefragt und bearbeitet werden können.

Diese Entwicklungen wurden bisher nur wenig auf ihre Auswirkungen auf Theorien und Methoden der Geschichtswissenschaft hin untersucht. Forschende, die sich mit neuen Visualisierungsmöglichkeiten beschäftigen, stehen mehreren Problemfeldern gegenüber : Welche Daten können visualisiert werden ? Welche Vor- und Nachteile bieten unterschiedliche Datenformen und verbreitete Tools. Welche Quellen eignen sich für die Erhebung von Daten? Existieren Best-Practice Beispiele für die Erhebung, Aufarbeitung und Darstellung quantitativer Daten und daraus resultierender Visualisierungen ?

Neben diesen wichtigen methodologischen Überlegungen, lässt sich die allgemeinere Frage nach der Bedeutung dieser Entwicklungen stellen. Entsprechen diese Illustrationen dem im Text Gesagten oder lässt sich in ihnen eine neue Form der Narration erkennen und nutzen ?In welcher Beziehung stehen Visualisierung und Text ? Was ist der wissenschaftliche Mehrwert von Visualisierungen ? Besitzen Visualisierungen Eigenschaften, die anderen wissenschaftlichen Darstellungsformen fehlen ? Welchen Einfluss hat das Comeback von Daten und Visualisierungen auf die Geschichtswissenschaft im Allgemeinen ?

Nicht zuletzt sollte die historische Dimension von Visualisierungen nicht vergessen werden. Verschiedene Darstellungsformen, wie Karten oder Zeitleisten existieren seit langer Zeit und haben zahlreiche historische Wandlungen durchlaufen. Wann entwickelten sich graphische Darstellungen von Daten ? Wann und unter welchen Umständen wandelten sie sich ? Welche Rolle spielten sie für Wissen, Wissenschaft und Forschung ?

Der nächste Band der Zeitschrift « Geschichte und Informatik » wird sich mit diesen Fragen beschäftigen. Die Herausgeber freuen sich über Proposal zu den folgenden Themen :

Einsatz von Visualisierungstechniken in der Geschichtswissenschaft, z.B. :
• Kartographie (z. B. GIS)
• Netzwerkanalyse und – visualisierung
• Text- und Sprachanalyse, Lexikometrie
• Statistische Visualisierungen

Methodische Fragen der Datenvisualisierung
• Datenerhebung und –aufbereitung
• Wahl der statistischen Methode (z.B. Algorithmen)
• Bedeutung unterschiedliche Tools und damit verbundenen Visualisierungsmöglichkeiten
• Allgemeine Darstellung von Daten

Theoretische Aspekte
• Vor- und Nachteile für die Geschichtswissenschaften
• Einfluss auf Fragestellungen
• Folgen für historische Narrative

Geschichte der Datenvisualisierung
• Entwicklung unterschiedlicher Darstellungsformen (Karte, Zeitstrahl, Netzwerke)
• Geschichte digitaler Visualisierungen
• Platz der Datenvisualisierung innerhalb der Wissenschaftsgeschichte

Abstracts mit max. 400 Wörtern sowie einen kurzen CV können bis zum 30. Mai 2013 unter info@ahc-ch.ch eingereicht werden.

Editoren:
Nicolas Chachereau (UNIL), Enrico Natale (infoclio.ch), Christiane Sibille (dodis.ch), Patrick Kammerer (UZH), Manuel Hiestand (UZH).